Mensonge

Mensonge passager,
mensonge qui ronge,
je les sens en songe,

la peau sur les os,
les jours sont bien sots,
je me retourne
une claque,
je me détourne,
la tête dans le sac.

Mensonge d'aujourd'hui,
toujours m'ennuie,
mon meilleur ami.

la vie est partie,
de lui pour toujours,
la roue tourne,
mais aucune ristourne,
souvent je faiblis,
les notes courent,
les instruments se brisent,
et je préfère la brise.

Mensonge de l'amant,
musicien des sentiments,
qui prend la caravane.

je le cherche le matin,
lit vide, épuré,
mur blanc cassé,
j'hésite la main sur les reins,
café renversé,
sur notre histoire passée,
elle a eu chaud,
brûlée à la chaux.
plus d'espoir,
ni de reflet dans le miroir.

Mensonge du parent,
qui glisse sur le temps,
l'enfant s'échappe.

la route est cabossée,
des ânes s'y sont foulés,
les âmes s'y sont écrasées,
les pensées y sont restées.
on regrette,
on allaite,
le sein du malade,
grand corps de parade,
en vain,
ainsi on devient rien.

Mensonge d'un passé,
refoulé du destin,
le parterre est satin.

on le tient,
droit contre son sein,
on maintient,
ce petit saint,
demain sera hier,
et je ne devrais pas regarder hier.

en quelques maux,
je vois tous ces mensonges,
qui me libèrent,
car jamais ils ne me feront taire...