Berceuse

mensonge, mensonge,
tu t'insinues,
comme un songe,
qui ronge,
la petite nue,
court, court,
si innocente,
tulipe d'un jour,
elle cassera ses dents, béante,
quand l'univers de ses vers,
se brisera,
sur vous, mensonge, mensonge,
se meurtrira,
sur vous, mensonge, mensonge.

La petite nue,
en fait une chanson,
qui ne tourne pas rond,
cachée dans les champs,
pendant un long temps,
elle n'a pas encore mis un pied,
sur le chemin
appelé vie,
pas de vis à vis,
ni de lendemain,
pour la petit nue.

elle vit le présent,
dans ses hauts champs,
elle voit la nuit,
qui luit,
puis le jour,
elle prie le sourd,
elle parle au muet,
elle caresse le nuage,
réchauffe le soleil,
nourrit les abeilles,
elle est de passage,
elle est de passage.


la femme nue s'exprime,
en trébuchant sur ses rimes,
"je te déteste,
tu as lâché trop de lest,
mensonge, mensonge,
tu m'as bannie,
en médisant,
tu as henni,
en maudissant.
plus rien, plus rien,
tu n'es plus rien"

La petite nue,
ne voit pas demain,
jamais ne se brisera les reins,
jamais ne se brisera la mâchoire,
à crier ses poumons,
à perdre ses sons,
à supprimer le miroir.
la petite nue,
s'anime comme une berceuse,
comme une berceuse,.
elle ne franchit pas,
ceux qu'il y a au-delà,
la barrière en bois,
où s'entassent les mensonges,
les mensonges,
elle préfère sa berceuse,
une valse heureuse,
la petite nue,
la petite nue,
vogue au loin,
dans le plus léger des trains...