Mélodie

elle n'était pas très grande,
elle aimait se dandiner,
elle n'aimait pas se ramasser,
pas toujours très élégante.

elle chantonnait,
aimait être aimé,
elle me perturbait,
et le temps variait,
sous son passage argentée.

elle caressait l'été,
vantait le printemps,
et faisaient valser les enfants.
passe la brise,
sa hantise,
les pensées revenaient,
et les visages chaviraient.

très peu de souvenirs,
de cette douce sbire,
elle marchait dedans,
d'un pas lent,
et souvent en dehors,
toujours je sors,
toujours elle rattrape,
elle s'amuse, elle me happe,
elle glisse sur des notes,
parfois saute,
quand le précipice se fait trop rude,
elle n'est pas bien prude,
elle sautille
et brille,
d'époque
en époque,
aime le rock,
ou s'oublie
endormie,
dans le classique,
tant de mimiques,
elle oscille,
elle faiblit,
elle se fiat difficile,
bat un cil,
on s'y plie.
elle séduit,
on se berne,
elle mendie,
on germe.

sa partition traîne, s'égrène, au fil des envies, au fil des peurs, au fil de la vie, au fil des leurres.
Mélodie accompagne, elle me gagne, de sa hargne et douceur, rien n'épargne, ni sa langueur,
Mélodie va sans contrainte, libre d'étreintes, elle ne regarde pas derrière, et brise les verrières,
de feu et d'air, elle fait trembler, elle ne fait pas demeurer, elle fait sauter, elle fait s'embraser, ou s'embrasser, ou doux baiser, qui se voit décoller,
Mélodie, savoureux paradis, je brandis et rougis, je te vois et rougeois,
d'un piano tu sors, d'une guitare, tu vaux de l'or,
d'une maison tu dégages, d'une scène, tu partages,
Mélodie est au lointain,
écoutez, elle vient.....