Urgence

Vous êtes encore là !
Partez ! fuyez !
Demain sonnera le glas !
L'air est saturé,
vous sentez ?
non, narines empêtrées,
au fil des pensées,
qui s'entremêlent,
à la pelle.

non, je n'ai pas encore pris mes cachets.

je réponds, pour les dissuader,
de me suivre dans mes rêves,
ces loups ne laissent aucune trêve,
ils vous achèvent,
en vous laissant choir sur le bord,
d'un pavé froid et noir,
et brisent la sève,
qui coulent dans les veines,
de ceux qui trainent,
dans les couloirs de la vie...

non, je n'ai rien dit.

ils écoutent, ils prennent des notes,
de leurs plumes desséchées
ils ont faim de la chaire en marée,
basse ou haute,
ils prennent tout, ces rapias,
oh ! vieille danseuse d'opéra,
j’étais si belle quand je glissais,
sur la scène mouillée d'espoir,
j'étais si légère quand je valsais,
sur la scène chiadée de miroir,
miroir de sourire,
feu mon ire,
je courais,
on me rattrapait,
puis un jour, il m'a léché,
je me suis brisée,
en...

oui, je me rends au dîner.

une cage dorée,
qu'ils disent,
des sérieuses bêtises,
une cage ferrée,
brisée, brisée,
en morceaux dépecés,
des bouts de moi,
en forme de croix,
plus rien, plus rien,
ne me raccrochait,
finir dans une rue
déserte,
peu verte,
peu alerte,
blette....
finir dans cette rue,
mon ancienne maison,
mes vieux souvenirs,
une mélodie ridée,
papa me chantait,
preuve de déraison,
je le vois rire.

lâchez-moi, je viens.

ils me tiennent par la main,
que croient-ils ?
on ne peut pas s'enfuir,
de ce pays mal léché,
j'ai peur, je me fais lynchée,
ils ne me voient plus,
pas,
pas,
dans leurs tiroirs repus,
d'argent corrompus,
ils suent, ils suent.

bientôt, je ne serai plus,

une baffe, et on n'en parle plus