A une inconnue....

elle erre,
nue,
elle ne déblatère,
plus,
elle se perd,
à terre,
elle se morfond,
en rond.

quelques mots pour définir une personne,
on enferme quand l'heure sonne,
et on oublie,

quelques minutes pour définir un visage,
on enferme pour rendre sage,
et on s'affaiblit

pourquoi tu es là ?
je me protège du froid.
qui a parcouru mon corps,
quand j'ai eu tort,
d'espérer,
de voguer.

pourquoi es-tu bleu ?
pour plaire à tes yeux.
un rond sur une toile blanche,
elle trottine de ses hanches,
une luciole qui dégringole,
un arbre peu folichon,
tu apparais,
à ton gré,

pourquoi écris-tu ainsi ?
l'inconnu fuit,
je veux la peindre,
avant qu'elle ne détale,
loin du mal,
qui pourrait la teindre.

Pourquoi parles-tu autant ?
car je crains ce temps,
qui tue,
ou met à la rue.

et qu'en est-il de l'inconnu ?
celui au chapeau ?
oui.
il y a un temps il fut,
l'homme de la faux,
celui qui vole et retire,
au plus grands des satires,
sa couleur de joie,
et sa vie de choix.
mais je me suis trompée.
il l'aimait.

pourquoi écris-tu ce texte ?
je ne sais pas.
pourquoi pas.
pour éviter l'épitexte,
le vide, la fioriture,
les ordures,
écrire pour exister,
fable élancée,
faire l'amour,
par les mots,
une envie d'érotisme,
quand s'invite la chaleur,
son d'exotisme,
quand s'invite la saveur.

ce matin, je ne savais pas où partir,
à présent j'ai le sourire
grâce à cette inconnue,
et son inconnu.