Quand la nuit parle au matin...

Les nuits passées, où l'on rêve sans ennui.
les nuits rêvées, où le temps s'achève.
les nuits où l'on crève,
car la vie rit.

Les nuits où l'enfant ne dort pas,
les nuits de cris,
les nuits couleur chocolat,
les nuits où le chat n'est pas gris.

la nuit du conte,
où l'on raconte,
les mélodies et les fées,
les histoires à tomber,
de frayeur,
de langueur,
mélodieuses,
radieuses,
mystérieuses,
insidieuses.

on sursaute,
on blêmit,
on en rit,
on se tourne vers l'autre.

Les nuits des baisers,
douce nudité,
qui s'insinue
perdue,
sous les draps,
doux rapace,
qui trépasse,
les corps s'enlacent,
les mains s'embrassent,
intimité mon amie,
prise en flagrant délit,
si douce,
si bonne,
ils ronronnent,
sous la lune rousse.

Les nuits arrosées,
fête trempée,
certains trompés,
la nuit des maudits,
ces vivants presque morts,
que la nuit languit,
sans retors et à tort.
de l'eau colorée,
devient le met du sang,
qui s'embrase sous le vent,
absolument atterré.

les nuits....

les matins dorés,
qui brillent pour l'emportée,
deux corps qui se frôlent,
à se lever on peine,
quelle douce aubaine,
chacun trouve son rôle.
un oeil qui s'ouvre,
quand le deuxième,
cherche et sème,
le maux de l'amour.

les matins rassurés,
où chacun sait où se baigner,
voguer sur une terre connue,
douce langueur nue,
on l’accueille sans dédale,
dans le labyrinthe fatigué,
d'une nuit encore peu passée.

les matins chantés,
quand l'enfant crie,
les visages se cachent,
mais personne n'est dupé,
quand prend vie,
les ombres que l'on mâche.

Les matins délicats,
au parfum interdit,
on se prend au pas,
jeu qui se dédie,
je prends ta main,
on renferme ce nain,
qui creuse l'envie,
et donne à l'eau,
hors de son sceau,
cette aspect qui fuit,
quand le regard s' y pose,
on ose,
rien n'a encore commencé,
on s'avance,
rien n'a encore effleuré,
cette danse,
que le jour offre,
dans son coffre,
à la malheureuse innocente,
si élégante.

les matins lointains,
qui s'acharnent,
quand l'été vient,
et se décharnent,
quand la saison se referme.
toi et moi, si fermes,
quand on ne fait qu'un,
petite fille étreinte,
plus jamais éteinte,
elle se love en ton sein,
et nage, nage,
plus si sage.
on regrette,
jamais,
on guette,
la virée,
de bord,
de port...

le matin,
la nuit,
qui luit,
qui vient,
je t'attends,
pour ces doux moments...
je te sens,
dans ces doux moments...