Un Rock noir

Des clés noirs,
enfermées dans un coin,
l'eau suinte,
et glisse sur le miroir.

La femme est assise,
dans une robe noire,
que l'on déguise
comme un fantôme sans espoir?

On se souvient,
des temps modernes,
de ce qui reste en berne,
et de ce qui revient.
Ce célèbre rock in chair,
qui jouait d'un air,
balancier passé,
balancier ressassé,
qui abritait une voix
soulevant les peines,
arrachant la haine,
qui ne laissait plus aucun choix.

Des clés noirs,
dans une malle,
une porte sale,
qui renferme son tiroir,
elle écrivait des chansons,
pas très longues,
une certaine langueur,
une certaine douceur,
qui traîne à la longue,
mais jamais en rond.

Elle s'asseyait sur le rebord,
d'une fenêtre effacée,
par le temps à babord,
qui vigoureusement glissait
le long d'une rivière,
malmenée,
enlevée,
sous sa verrière,
un cocon,
au charbon,
n'entendant que cette voix,
qui chavirait en elle,
cueillant celle,
qui ne pouvait faire autrement,
sur le trottoir des manants,
accueillant celle,
qui se nourrissait des mots,
d'une vie bien rétro.

dans cette maison,
j'entends encore ce rock,
une liasse en remorque,
d'une vie sur atoll,
on parle de rock et de roll,
vêtue de noir,
pas de place pour l'espoir,
torturée, dans son coin,
je l'ai mal connu,
cette folle inconnue,
pourtant je touche son piano,
j'incline mes maux,
et voilà que la mélodie me prend,
voilà que je me rends,
sur son rock in chair,
je prends cher,
je ne suis plus moi,
on s'oublie, droit de roi,
elle est ici,
je sens son rire indécis,
la chanteuse qu'elle était,
toujours épiée,
épiant,
la vie, les gens,
les dents, les vices,
les temps sans varices.

On me dit étrange,
on dit que je dérange,
alors je leur parle de ma grand-mère,
cette femme à la voix étrangère,
reclue dans son fief,
fière de cette vieille chef,
je me sens altière,
empreinte d'un espoir,
qui rend entière,
mais dont on ne parle pas.
surtout pas....

c'est entre cette fausse inconnue et l'ingénue que je ne suis plus...