Croire ou Choir : mélodie en sol

Pourquoi crois-tu ?
pour ne pas rester de marbre.

J'aimerais croire,
en ce miroir,
qui se joint de mémoire,
à une âme sans espoir.

j'aimerais croire
en toi comme en moi,
me dire que demain sera fébrile,
mais le plus habile,
me dire qu'aujourd'hui est passé,
mais mal lissé.

j'aimerais croire
que jamais je n'oublierai,
les mots alités,
que j'allaite chaque jour,
sans prendre un seul détour.

j'aimerais croire
que tu ne partiras pas,
que les heures ôteront ce trépas,
qui mine la mine,
et chagrine cette usine,
de larmes,
armes fatales,
divin charme,
parme hâle.

j'aimerais croire,
que la musique me volera,
que j'en oublierai mes tracas,
que l'esprit jamais ne s'arrêtera,
que tu resteras,
là tout près,
douce mélodie,
qui anime mon pré,
de fleurs érudites.
mais si fragiles,
quand le temps se fait malhabile.

j'aimerais croire,
que les maux s'inventent,
et qu'on peut les effacer,
d'un coup de crayon taillé,
et d'une gomme qui se vante.
que les ombres se jouent,
à pile au face,
quand de trop elles s'amassent,
poker qui tient en joue,
le plus naif des humains,
qui devient alors un nain,
au coeur apeuré.

j'aimerais croire,
que je peux fermer les yeux,
et disparaître d'un doigt de claquement,
dans des cieux,
pas trop scintillants,
juste ce qu'il faut,
pour éviter la faux,
cette petite fourche,
à l'épine louche,
qui fait mouche,
la farouche.

j'aimerais croire,
que le temps est facile,
et pas si vil,
que la vie est virile,
et pas si fragile,
elle joue des tours,
j'essaie d'y coller des mots,
mais il se détache comme des sots,
et prennent des détours,
j'essaie de décalquer des sens,
mais je tombe dans des sans issues,
aux allures inconnues,
des sangsues des sens.

alors je crois que je préfère aimer croire que choir,
je préfère aimer que tomber,
quitte à tomber en aimant,
le sol n'est pas si facile à dorer,
mais toujours je m'élèverai...