inconnu, je te veux.

je te vole,
ton sourire,
ton rire,
je prends tout,
l'envol,
le soleil roux,
le nuage clair,
et la vallée derrière.

tu es nu,
je te laisse dépourvu,
tu n'as rien vu,
sûr, tu es l'inconnu.

je te vole
tes hésitations,
tes retours,
tes passions,
tes mauvais jours,
comme les bons,
ce qui tourne peu rond.
tes sauts
où tu pousses les plus téméraires,
ce qui n'ont plus rien en verre,
ceux qui peinent,
ce qui traînent,
ratent la scène,
et toi, la danse tu la mènes.

mais me voilà,
je vole tes pas,
je brise ta place,
je grise ta glace,
miroir éteint,
ici un nouveau matin,
je suis éreintée,
mais enfin je vois l'aimé,
ce bel inconnu qui trottinait
dans ma tête,
toujours en quête,
de que puis-je faire ?
ne pas se taire,
alors je te prends d'assaut,
après une attente sans mots,
tu es là,
j'hésite,
encore,
du corps à corps,
du bouche à bouche,
le bateau fait mouche,
j'hésite,
plus vraiment,
me rattrape le temps,
qui mange les plus fragiles,
mais fragilité deviendra beauté,
quand on veut être habile.

cher Inconnu,
de ta grand insigne,
je te mets au défi,
nous ne serons plus ennemis,
je ne craindrai plus tes signes,
car de bonté, tu es caché,
j'ai cherché,
et aujourd'hui enfin,
avec toi,
mon seul toit,
je ne ferai qu'un.

Puis elle a sauté...