ça grince...

le soleil m'a pincée,
surpris dans le creux d'une main,
j'ai pleuré,
longtemps,
j'ai gelé,
un temps.
le soleil m'a volée,
ahuri dans son bain,
de rayons,
il saisit,
le fragile crayon,
habile ici,
il sait y faire.
mais aussi se taire.

la lune m'a dérobée,
mes rêves ailés,
je ne sais plus où aller,
le lit étroit,
me baigne d'effroi,
je tourne agacée,
par la chaleur morne,
qui joue la borgne.
on dit pas de chance,
quand vient cette noire défiance,
je pense,
je suis en transe,
je perds,
je déterre,
le pieu,
ce qui va le mieux,
à l'indécis,
au raccourci,
au lambris,
qui traine derrière,
quand vient le père,
de cette malhabile terre.

les ombres m'ont emprunté,
mon visage humide,
pour creuser les rides,
ils m'ont échangée,
contre des rêves inutiles,
elles galèrent,
peu gèrent,
les douleurs futiles,
les douleurs qui babillent,
les douleurs qui jouent aux quilles,
je me retourne,
elles sont seules,
on dit la roue tourne,
je me jette dans leurs gueules.
je ne suis plus rien,
elles ont volé les miettes,
sans que je ne les arrête,
je suis folle,
je batifole,
mais le vide m'entoure,
et me joue des tours,
demain je saute,
je n'ai pas d'apotres,
pour me retenir,
gain de mon ire,

ça grince, dedans,
ça grince en dedans,
je veux partir
je veux m'endormir,
et demain, ça ne grincera plus...