Billet d'humeur

on me dit d'écrire quelque chose de drôle.
Silence. rien ne tourne.
mon visage se détourne,
alors je te parle de l'escargot qui caracole
pourquoi ?
c'est le premier mot qui colle.


j'aurais pu parler d'un moulin,
mieux du moulin de la vie,
faire un parallèle avec l'eau de vie,
qui permet d'oublier les lendemains.

Mais non, j'ai choisi l'escargot.

je dois commencer, mais rien à l'horizon,
pas un oiseau,
pas un hérisson.
Et voilà que je divague,
le vague à l'âme,
sur des animaux de la ferme,
qui pour sûr prendront des heures de perm,
si je parle trop d'eux,
les malheureux.

Je dois continuer, au son d'une cloche,
qui me rappelle non la maternité, mais ma poche,
là où s'entremèlent les billes de mon enfance,
quand mes doigts dansent,
la mise, je la remporte !
mais là, j'ouvre la porte,

derrière rien d'autre qu'un escargot.

A m'approcher, il n'est pas bien méchant,
farouche esprit qui se joue,
il me met en joue,
duel bien lent.
Une antenne, un pas,
une deuxième antenne, un pas.
Tu traînes, dis-je...
la bonne blague, c'est un escargot.

Bon, je pense que le lecteur a assez été pris pour un charlot,
tout comme ce pauvre escargot,
qui avait fait tout le chemin,
pour qu'on écrive une ligne sur lui enfin...

Demain, je m'attaque à un cachalot,
la pêche sera peut-être meilleure,
l'escargot, je vous passerai ses mots,
me taille en toute lenteur,
le plus beau des tailleurs,
puis s'en retourne prendre un bain,
et moi, arrêter de faire le malin...