Silence, ça brille...

Je suis vieille,
3000 ans, plus ou moins, peu importe combien,
l'âge m'importe peu, plus ou moins.
Une alcôve mauve se dessine au dessus de ma coupe d'ange,
la nuit tape au ciel.
Toc Toc,
et voilà, encore une étoile qui se fracasse sur terre,
et une autre qui s'échappe, derrière...
Voilà mon royaume qui dérape.

J'ramasse, j'accroche, à nouveau, sans mot.
Silence nocturne de bruits.
chuut....tes pas font trop de clapotis, j'en tremble dans mon reflet.
Dodo, l'enfant do...
et pourquoi pas l'enfant las ?
L'enfant las de ces histoires lunaires qu'on raconte de façon ternaire, avant de rejoindre un sommeil binaire. La triangulaire y va de paire.

Non de Zeus en caleçon,
l'étoile de terre a foutu la grande ours en rogne, son pied est ballant, c'est ballot ! Quel argot !
ce soir, je dérape, moi aussi...trop de pression, trop de lumière...

je vois l'anicroche poindre son nez,
pas de blanche, pas de noire,
l'anicroche s'invite.
Berceuse à la croche,
Vénus, rendors-toi et brille-toi,
ton berger est sur le point d'arriver..il a besoin de toi...satisfais-le...

Je suis vieille, mais je veille,
Prends garde, je prends de la place,
ce soir, dans mon palace,
pas d'embouteillage,
les nuages sont sages,
Oh, je tangue,
le p'tit prince pour moi en pince,
le voilà agrippé ce jeune crabe insolent,
désir latent, bonjour !

Ce soir, me voilà vêtue d'un croissant,
appétissant,
je le retiens, car il est bien doux d'avoir sur soi un regard de fou.

Peut-être qu'un jour, quand les humains prendront soin de moi,
j'irai me reposer sur sa planète,
à l'herbe verte,
à la rose capricieuse,
d'ici là, que l'on m'apprivoise, mais jamais qu'on me toise,
la toison, c'est fait d'or qui se dore avec tort.

allez je tangue,
dodo, l'enfant do...

Journal d'une Lune intime