NUIT NOIRE


Je suis...noire d'étoiles,
je peins chaque soir,
une nouvelle toile,
qui s'illumine sous un sourire,
qui se languit tel au port un navire.

Je navigue à flot,
bruyante de silence,
on me craint,
je déteins,
sur l'homme aux mauvaises mains.
On m'attend,
on m'entend
du lit où le désir se tend.
on me regarde,
on s'attarde,
sur ma couleur bâtarde.
On m'admire,
on se chavire,
sur les rêves de l'avenir.

Je me tords, parfum retors, de toutes ces âmes affamées qui errent sous mes pas, je crie de lumière, quand la douleur passagère frappe au lampadaire, un creux de destin qui fait son festin.
Le rond orangé, aux humeurs chaloupés, me fait les gros yeux, amoureux, amoureuse, je le sais, je le sais, il y a de ces signes qui ne trahissent.

Je suis cette femme, invisible, qui vous regarde, passager d'une vie, sans comprendre la violence et l'errance qui dansent, je pleure, je pleure, une larme pleine de saveur, pleine de peurs.