BRULER LA CHANDELLE PAR LES DEUX BOUTS


Je brûle. Ça y’est. C’est décidé. Je brûle. Par les deux bouts. Moi, la chandelle, si romantique, je me suis enflammée. Et de trop. Car je brûle de mes deux bouts, par la tête, par les pieds, je n’ai plus qu’à attendre pour me consumer entièrement. Pendant ce temps, autant en profiter, qui veut aller au bûcher avec moi ?

Voilà ce que dirait la chandelle, une fois le feu en elle. A y réfléchir, on se ferait mal à brûler une chandelle par ses deux bouts, comment la tenir, où la poser, elle n’a plus de socle sûr pour pouvoir jaillir de toute sa beauté, après c’est un choix me direz vous ou un risque ?

Moi j’ai tenté, j’ai tenté le risque, je ne craignais pas de tout perdre, je n’y tenais pas à cette chandelle, elle était vieille, un passé à la poubelle, ça donne des ailes qu’ils disent, mais bon ce n’est aps très réél tout ça.

Et puis qui dit que la chandelle n’a que deux bouts, qu’est ce qui fait que la chandelle a un début et une fin, qui dit que la vie a un début et une fin, et non pas plusieurs débuts ou plusieurs fins. Il y a ceux qui croient en plusieurs vies, il y a ceux qui croient en plusieurs débuts mais ils sont plus rares. Les débuts ? non, ces gens là. La chandelle est un phoenix qui va mourir et renaitre de ses cendres, ses brûlures seront toujours là, et bien vivantes pendant toutes ces autres vies, mais elles ne partiront pas, le feu, ça marque, ça laisse des traces, ça vous tracasse ? C’est la dure réalité, c’est la belle réalité, sans ces brûlures on ne serait pas aussi droit et tordu qu’une chandelle.

Alors oui, j’ai brûlé ma chandelle par les deux bouts et devant moi elle a disparu pour se transformer en autre chose, un autre objet que je continuerai à brûler par les deux bouts, car je ne veux pas attendre la fin, je ne veux pas attendre le début.
-tu as tort, j’aime quand le feu arrive sur un de mes bouts. Sur le deuxième, quand il surgit, je sens que j’ai peu de temps alors je fais tout pour brûler davantage, encore plus vite, profiter au plus vite de l’air qui reste…
-tu es une chandelle, on te tient dans certains moments pour faire beau, mais tu ne sers  à rien
-toi, non plus. Tu ne sers à rien à la base. Tu fais quelque chose ?
-merci Chandelle, pour ce rappel
-ce n’est pas un rappel, c’est juste que je vois que tu es en train de brûler, des 2 côtés, mais tu ne le vois pas.
-je me consume ?
-oui, et pourtant tu brûles pour rien…Tu ne vois rien…

Je ne suis peut être pas une chandelle au final.

Il est temps que je le devienne.

Je cherche…

J’ai trouvé…une allumette, c’est ma dernière, je vais essayer cette fois-ci de ne pas la gâcher…